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    Cours du 10 Mars

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    Cours du 10 Mars

    Message  Admin le Ven 21 Mar 2008, 8:44 pm

    Rappel : La représentation de la religion à travers les Lettres Persanes s' élabore à partir de deux systèmes d'énonciation se combinant entre eux :
    _Des énoncés à haute portée philosophique, réflexions nourries et intenses
    _La satire s'appuyant sur une dimension plus "légère" du texte.
    L' écart produit par ces deux systèmes rend l'interprétation difficile car les discours tenus par les personnages ne peuvent être toujours attribués à l'écrivain.
    Montesquieu explore un grand nombre de problématiques, notamment celle relevant du domaine politique.

    FONCTIONNEMENT DU DISCOURS SUR LA POLITIQUE


    Le rôle et la fonction de la forme politique essentielle orientale est le DESPOTISME. Les propos rapportés ainsi que les lettres d' Usbek constituent une INCARNATION du DESPOTISME ORIENTAL.
    Quelle est la fonction attribuée par Montesquieu au grand thème du despote oriental?
    Tous les autres pôles pointent vers le politique (satire, religion...), aussi le politique, c'est-à-dire le despotisme se situe au coeur du texte.
    Premier trait du texte : L'image sur l'Orient. Le despotisme est indispensable à la réflexion de Montesquieu. Le despotisme est un modèle abstrait à partir duquel sont éclairés tous les autres modes politiques, l'Orient permet de comprendre l'Occident. Le régime politique de ce dernier est perçu à travers le prisme du despostisme.
    L'idée de la fixité est liée à l'image de l'Orient. L'ordre politique en Orient est caractérisé par sa forme monolithique (les Persans sont surpris par les perpétuels changements survenant en Occident) à lm'inverse l'Occident est le lieu du changement, du mouvement, d'une certaine instabilité propre au régime monarchique.
    Cette instabilité peut aboutir à l'avènement de la tyrannie si elle se conjugue à une forme de pouvoir excessif (l'avenir possible des monarchies occidentales pouvant s'inscrire dans le despotisme). Cette crise est également susceptible de prendre la voie de la République, lieu même de l'instabilité selon Monsquieu, partisan d'une monarchie tempérée.
    L'Orient de Montesquieu se confond donc avec le despotisme. Les persans peuvent comprendre la monarchie mais la République demeure pour eux inconcevable (ex.: lettre 131).
    Le despotisme (abréviation : "d" ) est le régime le plus simple à comprendre pour Montesquieu, le pouvoir se trouve entre les mains d'un seul homme.
    Le d s'apparente à une monarchie "épurée" fonctionnant sur de la logique pure dépourvu d'histoire fondé sur un élément immuable (qui ne change pas) (ex.: lettre 130), aussi est-ce un modèle à partir duquel tout se laisse comprendre car il incarne selon Montesquieu la logique même du pouvoir qui se lit de la façon la plus limpide (il est simple à comprendre), la politique s'exprime de la façon la plus violente, le pouvoir du despote est sans limites, le principe de la peur règne.
    M. tente d'appréhender (cherche toujours à comprendre) la passion dominante des politiques (ce qui motive le désir de pouvoir), dans la monarchie le ressort principal (la raison essentielle) est justifiée par l'aspiration à la gloire et aux honneurs. A contrario, le despotisme s'appuit sur des passions simples que sont la PEUR et la RECOMPENSE; ainsi les peuples se transforment-ils en une giganteque armée obéissante, machine animale.
    Le d. est le prototype dans lequel apparaît le plus grand écart entre puissance des uns et impuissance des autres. Néanmoins dans Les Lettres, le d manifeste une inadaptation constitutive car il correspond au régime de la démesure, des extrêmes. La mort constitue la seule punition consécutive à la moindre infraction, il n'existe nul moyen de mesurer la gravité des fautes commises par un individu.
    Aussi, une certaine inefficacité est-elle à l'oeuvre. La justice est le lieu de la proportions, à l'inverse, le d est le lieu de l' injustice.
    La seule possibilité de se débarrasser du despote est de le tuer. Les hommes se trouvent donc engagés et réduits à se conformer à la logique du pire. Les liens sociaux, les rapports humains se voient menacés par le système despotique lui-même.
    Les deux persans sont issus de ce monde despotique et découvrent en Occident les germes de ce régime.
    La liberté de circulation du dicours, de la parole, les espaces de sociabilité présents en Occident sont impossibles à envisager dans un pays où règne le d, de fait l'Orient correspond à un espace de la non-rencontre.
    Le d oriental est entrevu la première fois dans le texte sous l'angle de ces CONSEQUENCES. La lettre 19 relate la traversée de l'empire turc, vu comme un grand corps malade, un espace de la décadence dans lequel les villes sont désertées. Les seules richesses sont issues des ports, seuls lieux d'échanges. L'univers d interdit les échanges et de fait entrave tout développement économique, toute possibilité de prospérité. Quelquechose de triste est lié à cette décadence, un isolement rendant impossible toute idée d'échange contraitre au caractère mobile de l'univers occidental.
    M met en scène l'opposition Occident- Orient, mobilité-immobilité.
    Quelles sont les causes profondes de ces différences?
    Les Lettres = long parcours s"attardant sur l'exploration des causes, rendant compte des différences de moeurs de sociétés dissemblables. Elles relèvent du politique selon Montesquieu, au sommet de l'état despotique règne le despote, incarnation de la relation s'exerçant entre les moeurs et le politique.
    La lettre 80 traite de la quête du régime parfait imaginé par M mettant en scène l'opposition entre la modération et la tyrannie.
    Au coeur du régime d, la cause de la snon-sociabilité est inscrite dans les moeurs orientales. Le pouvoir politique est concentré sur un seul homme et paradoxalement, au maximum de sa puissance, il est réduit à une logique qui le pousse à écraser son peuple pour se maintenir au pouvoir, dérive destructrice de tout système politique.
    ex.: Espace du sérail en est la parfaite illustration. Le maître a tout pouvoirs mais maintient une violence exacerbée à chaque instant au motif d'une rivalité permanente. Or, l'aspect tragique du texte s'exerce à partir de czytzk.
    Le monde d fabrique son propre effondrement. Par contraste, les régimes occidentaux permettent la circualtion des idées et des biens.
    De quelle manière maintenir la nécessité du mouvment tout en la préservant de ses dérives (frivolité : la mode, mobilité sans contenu : vacuité, mobilité figée par intervention par le d.)?
    L' Orient est le point à partir duquel on comprend la société occidentale ainsi rendue lisible cyclops
    Le philosophe doit occuper sa place :
    Garantir que la circulation de la parole n'entraîne pas la vacuité de celle-ci:
    la possibilité d'organiser une monarchie tempérée;
    la constitution de garde-fous au d.
    Le sens de l'honneur et de la gloire, centre de la structure des monarchies européennes, constitue une possibilité d'équilibre, le pouvoir du roi étant limité par les revendications de la noblesse et inversement.
    Les passions elles-mêmes, garantissent l'équilibre par auto-régulation (possible dans la monarchie). La monarchie fonctionne sur l'ostentation de la richesse, du luxe, ce qui génère du commerce.

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