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    suite du 19.03.08 _ commentaire des scènes 10 et 11

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    suite du 19.03.08 _ commentaire des scènes 10 et 11

    Message  Admin le Mar 25 Mar 2008, 12:45 am

    Scènes 10 et 11.



    _Second monologue de Louis : Il exprime son sentiment de SOLITUDE et d' ETRANGETE éprouvé alors qu'il se trouve parmi les membres de sa famille. Il tente de faire comprendre à Antoine l'émotion qui l'agite mais celui-ci ne saisit pas la portée des propos exprimés par son frère et réagit violemment.
    (Problématique) : Ce passage d'une tonalité douce-amère met en lumière l'ironie tragique de l'existence.
    (Plan) : Lagarce nous propose d'acouter la voix d'un homme, mort, la plus propre sans doute à exprimer la déréliction humaine ("état d'abandon et de solitude morale complète", Le petit Larousse illustré cyclops )
    toutefois, le sentiment tragique est ici compensé par une perspective ludique.
    =>I. Le Revenant; II. La déréliction; III.Le jeu.

    I. Le Revenant


    1.La voix des morts.


    =>Une peur de DISSOLUTION DU MOI (sc.10) qu'exprime le passage du "je" au "on" traduisant une certaine perte d'identité. p. 43 :"On s'amuse, je m'amusais" => Les deux prénoms semblent interchangeables.
    Le "Je" se fond dans un ensemble, p.44 : "On est bien, je suis...".
    =MISE A DISTANCE DE SOI-MEME // à une photographie. : p.46, Louis prend des poses; p.47, il prépare la photo qui demeurera de lui : "me sourire à moi-même comme une photo à voir" = projection posthume.
    Vers courts très découpés => le personnage semble être véritablement à bout de souffle (il est mort).
    L'IDENTITE FRAGILE de Louis se traduit par une LANGUE MALADROITE, incertaine : p.49, EPANORTHOSES (réflexions sur son propre langage)
    Louis se reprend constamment, sa langue vacillante se prête à de nombreuses répétitions : "J'imagine".
    "Assez" = modalisateur apportant une nuance à l'énoncé suggérant le caractère "glissant" du langage.
    _La lecture du texte induit l'idée qu'UNE SEULE VOIX traverse le récit, la pièce. ex.: p.49, Antoine se réapproprie les propos de Louis. La scène 10 présente un monologue lui appartenant doté d'une forte valeur autobiographique valorisé par le regard intropectif et le prédominance de verbes comportant le préfixe "re".

    2.Temps et espace.


    Le repère zéro correspond au temps de l'énonciation.
    Temps zéro moins un (0-1) : temps des retrouvailles; temps zéro moins deux (0-2) : temps précédant ces retrouvailles.
    Etrange situation de communication : Le récit est amorcé IN MEDIAS RES (en cours de narration qui semble avoir démarré précédemment). Le lecteur éprouve le sentiment d'entrer dans un récit dont il lui manque le début. En effet : "Plus tard" implique l'idée que qqch a été dit au préalable.
    A cette occurrence répond p.45 "Plus tard encore", "je me suis enfui" ayant pour correlation "il y a quelques mois" se situant dans un temps que nous pourrions noter ainsi : zéro moins un et demi (0-1.5)
    Ce dernier point viole l'une des normes régissant l'art dramatique, il est impossible d'avoir connaissance
    de ce qui relève de l'hors-scène et/ou de l'avenir.
    A cette transgression s'ajoute la confusion des temps ainsi : "Je m'amusais" (0-1) allié à "On s'amuse" (0), p.43.
    p.44 : Présent, o et o,5.
    Le présent possède une épaisseur très grande désignant une partie entière : la vie de Louis lors de laquelle il songe à sa mort prochaine. Le prologue pose le problème de l'espace.
    La scène 10 : Quel est l'espace dramatique proposé dans cette scène? Non pas la maison de la mère mais la tombe ou l'univers des limbes.
    La scène 11 se déroule quant à elle au coeur de la maison familiale, p.46 : évocation du moment où imagine faire le tour du monde traçant les contours d'un espace imaginaire relevant de la parole => ces 3 espaces sont ceux à partir desquels s'articulent le texte.
    Donner la parole à un défunt constitue l'un des moyens les plus pertinents d'interroger la question existencielle.

    II. La déréliction.

    1.Etre au monde.


    Louis est atteint de MELANCOLIE expression de la DIFFICULTE " D' ETRE AU MONDE", laquelle se manifeste à travers L'ANGOISSE DE LA SOLITUDE tandis que l'idée qu'une fois DISPARU LE MONDE LUI SURVIVRA LUI EST INSUPPORTABLE. Louis souffre d' ANGOISSE METAPHYSIQUE. Les autres ont vécu et continueront à vivre sans lui. En outre, une autre inquiétude l'oppresse : penser que ses parents deviendront les possesseurs de son corps, les autres diposeront de fait de son CADAVRE comme d'un OBJET. Cette inquiétude était déjà perceptible chez KAFKA p.44 = Que ferez-vous de moi et de toutes ces choses qui m'apprtiennent? => L'INQUIETUDE DU FILS PRODIGUE ayant réussi à échapper à sa famille, acquérant une liberté dévoyée par la mort, celle-ci étant reprise par la famille par la survenue du décès.
    Inquiétude concrète s'attachant au devenir des effets personnels.
    Revendication de la mort comme d' UN GESTE LIBRE. p.45 : Haine. La mort est envisagée comme un choix exercé à leur encontre, de manière à leur imposer une SOUFFRANCE = SACRIFICE DE SOI A DESSEIN DE BLESSER LES AUTRES.
    Ce passage constitue un TEMOIGNAGE POIGNANT d'un homme AYANT CONSCIENCE DE SA MORT PROCHAINE et des angoisses auxquelles il est douloureusement confronté aussi s'exprime une inquiétude quant à l'usage de la vérité, de l'expression juste témoignant néanmoins d'une pudeur dissimulant l'évocation de la maladie suggérée par quelques traces narratives ainsi, "lent et pâle", p.45.
    La HAINE est érigée comme un REFUGE, permettant de souffrir moins et d' ASSUMER JUSQU'AU BOUT LA SOLITUDE, p.44-45.
    Lagarce évoque le DESIR DE SURVIVRE A SA FAMILLE, d'en devenir l'unique SURVIVANT.
    (L'écrivain accède en effet à la postérité, ainsi l'auteur de la pièce, Jean-Luc Lagarce).
    Louis rappelle sa tentative pathétique de se jouer de la mort, p. 45 en tâchant de lui échapper. = forme de cynisme : évoque son ricanement (cruel).
    p.46 : Il se présente comme un personnage NIHILISTE (fin du premire paragraphe), un ETRANDER, DE PASSAGE, un ERRANT TRAVERSANT DES LIEUX ANONYMES (hôtels...), cependant cette fuite se trouve en butte à son caractère vain et inutile, p.47. La mort vient lui "tapoter" dans le dos, aussi décide-t-il de retourner chez lui => en quelques pages, LAGARCE RETRACE L'APPRENTISSAGE DE LA MORT, LE DEUIL DE SOI.

    2.Echec du fils prodigue

    La Parabole du fils prodigue confère à ce denier un sentiment de confiance et la possibilité de se réconciler avec son père a contrario de Louis manifestant une attitude méfiante, sc.11, inquiet, il préfère attendre seul, eu buffetd de la gare. Les retrouvailles familiales se placent d'emblée sous le signe de la méfiance et du mensonge. Louis avoue et annonce cette trahison, la première se construit à partir de l'image quelque humoristique de Suzanne attendant son frère "une carabine" à la main et de manière plus sombre, par l'évocation du moment passé seul, à la gare lorsque Louis élaborait avec appréhension le discours qu'il souhaitait avoir avec son frère.

    cette semaine : cours en R 27 a


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