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    LE CLASSICISME FRANCAIS

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    LE CLASSICISME FRANCAIS

    Message  Admin le Mer 30 Sep 2009, 8:23 pm

    LE CLASSICISME

    I. Le XVIIème s.

    _ Les dates : Mort d’Henri IV en 1610 -> Fin du règne de Louis XIV en 1715
    Règnes successifs : Louis XIII / Richelieu, Régente Anne d’Autriche/ Mazarin
    Fronde de 1648 à 1653 : Révolte nobiliaire =/=> le Roi.
    Guerre civile +++ => en 1661, avènement/ monarchie absolue : Souci n° I : domestiquer la noblesse
    Transférer le pouvoir détenu par les seigneurs au Roi (de droit divin, rép. de D-ieu sur terre.
    Au cours des règnes de Louis XIII et de Louis XIV, la France conforte sa puissance et exerce dès lors une influence sur l’ensemble des pays d’Europe.
    Penseurs et artistes sont convaincus que la culture française peut égaler la culture antique gréco-latine.
    -> Ils vont à cet effet, lui soumettre des règles,
    -> s’opposer au mouvement baroque (encore vivace dans cette première moitié du XVIIème siècle)
    Le Classicisme s’épanouira à partir de la seconde moitié du XVIIème s.
    Louis XIV, suzerain de l’ORDRE influencera fortement les arts et la littérature de sa personnalité.
    _ Définition du classicisme : Recherche de l’ordre, Esthétique de la mesure (// jardins anglais en Angleterre, baroques, suggèrent impression d’abandon, d’anarchie, que l’on pourrait s’y perdre vs les jardins dits à la française, parfaitement organisés)
    _ Triomphe de la maîtrise de soi =/= baroque. Idéal classique : L’honnête homme : de raison, cultivé, élégant, discret…
    _ L’Art théâtral incarne le mieux la doctrine classique. Le XVIIème s. sera donc le siècle du théâtre.
    Toutefois non célébré en raison de la condamnation dont il fait l’objet par l’Eglise, la considérant comme valorisation de passions répréhensibles.
    De plus, l’Eglise reproche aux comédiens d’incarner des personnages qu’ils ne sont pas et de s’adonner par là à un mensonge hautement condamnable du point du point de vue éthique.
    Aussi, le statut du comédien est perçu comme un mal nécessaire.

    II. La doctrine classique

    -> trouve son origine dans la Poétique d’Aristote du reste interprétée par les théoriciens italiens.
    _ Effort visant à définir une esthétique littéraire, permettant d’établir les règles du Beau.
    Principaux théoriciens : Châpelain, La Menardière, D’Aubignac, Scudery ( ?)

    1. Les gds principes

    a.L’IMITATION DES ANCIENS

    Cmt la justifier ?
    -> Idéal = imiter la Nature, cependant impossible directement car les modèles à disposition des artistes dépourvus de la perfection et équilibre nécessaires. => vt s’inspirer ds auteurs ayant élaboré un travail de sélection, de composition à partir de la nature.
    => Doxa
    -> Prédilection pour Ar grecs et latins, davantage pour ces derniers. Les tragédies romaines étant considérées comme euphémisées et par là, plus raisonnable que leurs ancêtres grecques.

    b. PREEMINENCE DE L’ART SUR LE GENIE

    si ce dernier est ttfois nécessaire il ne peut se subbstituer au travail, au dur labeur intellectuel, à l’artisanat.
    En effet, un bon dramaturge se doit d’être particulièrement cultivé (hist., politiuqe, sc. Nat. …), érudit, il est également un excellent technicien.
    Dans ce siècle de l’ordre, la Beauté va naître du travail et de l’improvisation ( =/= Comédia del Arte)
    Corneille sera un des seuls artistes à s’insurger à l’encontre des Règles imposée à l’Art dramatique : Querelle du Cid.

    c. IMITER LA NATURE

    attention celle-ci accuse des caractères négatifs, par son aspect chaotique et mal ordonné.
    => nécessité d’en dégager les traits caractéristiques, l’essence.
    Absence caractéristique d’éléments extérieurs dans la Te/Ce du XVIIème s. : Abs. Végétaux/ Description du paysage… => L’HOMME EST SEUL et se trouve au CENTRE de l’univers dramaturgique.
    Horreurs et grossiéretés inhérentes à la Nature sont évacuées, est nécessaire de représenter ce qui est beau, in fine, l’Homme.
    => intérêt pour psychologie.

    d. LA RAISON

    = ce qui distingue l’H de la bête et lui confère sa dignité.
    => elle a pour objet de freiner l’imagination et l’inspiration ;
    = bon sens, jugement
    L’artiste doit être un intellectuel, un h. cultivé qui écrit à destination d’une élite d’honnête gens, susceptibles d’apprécier toutes les finesses de son art. (=/= public ez, poulaire, chahute…)
    e. FONCTION SOCIALE DE L’ŒUVRE D’ART
    -> Il est en demeure d’instruire, de moraliser, d’être utile à l’esprit et à l’âme. // Catharsis selon Aristote. Les dramaturges dix-septièmistes reprennent à leur compte cette volonté et étayent une réflexion sur les moyens qu’il convient d’engager pour aboutir au surgissement de la Catharsis.
    -> disséminent des SENTENCES à travers leur œuvre : nombreuses chez Corneille ;
    -> TRAITER UN SJT MORAL et PEINDRE des PG VERTUEUX.
    Force est pourtant de constater que cx que l’histoire a retenu sont précisément veux qui s’inscrivent dans les marges.// Ar ayant traité des passions humaines, notamment jugées comme mauvaises.
    Corneille s’était élevé contre le diktat astreignant les ar à ne mettre seulement en scène que des personnages positifs et l’idée d’un châtiment s’abattrait inéluctablement sur les méchants.

    2. LES REGLES

    1637 : Querelle du Cid : déclenche une avalanche de pamphlets sur la nécessité d’imposer des normes au théâtre.
    La décennie suivante assiste à une codification très stricte du théâtre.
    a. La VRAISEMBLANCE : Idée d’adapter /conception de la catharsis -> pour que cela fonctionne, il faut donner l’illusion e la réalité. Pu importe la vérité historique : essentiel est que le S puisse adhérer à la représentation/ intrigue.
    Pbm : susciter son intérêt => le spectacle doit répondre à une exigence de VRAISEMBLANCE et doit se présenter comme EXCEPTIONNEL. (bien que représentatif d’une généralité)
    => force / pg raciniens : à la fois PARTICULIERS et UNIVERSELS.

    b. BIENSEANCE :

    Interne : elle relève de la cohérence des caractères des personnages ;
    Externe : Elle s’oppose à tt ce qui va à l’encontre de la morale : sc/violence, morts (exception faite de Phèdre)
    Inconvénient : absence d’audace scénique.
    Abs de S sanglant (baroque), d’audace morale (les pg restent conformes aux impératifs de leur condition sociale)
    Question de la représentation des sc. Violentes (usage de mannequins ? scènes de massacres collectifs ?)
    Cf. Garnier en France.
    Moyen usité : lorsk une sc. Est pénible, celle-ci se trouve dès lors narrée (ex : la mort d’Hyppolyte est relatée par Teramine)

    c. Le MERVEILLEUX

    Est entièrement banni. Cpdt autorisé par Châpelain à la condition qu’il ne se manifeste que par le biais du récit.
    => Absence de bêtes mytho ou de deus ex machina ; abs de philtre mais intervention divine au moment crucial acceptée.
    Les evnmts peuvent donc participer du merveilleux à condition qu’ils soient vraisemblables.
    Pourtant Hyppo meurt sous la main d’un dieu.

    d. La REGLE DES TROIS UNITES

    -> ACTION : en réaction contre le baroque
    1 SEULE ACTION CONDUITE PAR UN HEROS PRINCIPAL
    => d’où le grand nombre de pièces-éponymes (ensemble des pc de Corneille et Racine quas.)
    => les épisodes devraient logiquement être liés.
    -> TEMPS : 24h ? 12h ? // Aristote
    L’action ne doit pas être démesurée // temps de la représentation => une journée max.
    De fait, les entractes permettent de dilater le temps en ménageant des ellipses.
    Idéal : temps pc/ temps rep.
    -> LIEU : liée à l’unité de temps.
    Une ville, une seule chambre. Un espace qu’il est possible de parcourir en 24h.
    Les décors (argument matèriel) : chez Racine et Corneille : vestibule du Palais. Non vraismeblable mais = lieu de transition.
    -> TON : Est proscrit les mélanges cher au baroque. Le public du XVIIème goûte peu le mélange des genres.
    Ce =/= Te : cette dernière propose une série de pg nobles, de condition aristocratique le LG y est élevé. Le dénouement est tragique.
    Dans la Comédie, le style est bas et les pg sont des roturiers, la fin est heureuse.

    3. FORME DU THEATRE AU XVIIème

    5 actes, alexandrins (moyen mnémotechnique), rimes suivies (aisées à retenir)
    La facture du décor est simple car il ne diffère pas. (Abs de « couleur locale »)
    -> ACCENTUER L’UNIVERSEL
    Peu de pg, notamment de pg épisodiques
    Ttfois, le personnage principal est nécessairement doté d’un€ confident(e)e (ex. Hyp. – Téramène)
    Le rôle du récit dans la tragédie est fondamental car maints évènements importants ont lieu dans les coulisses (ce qui nous est relaté). Aussi sur sc., Assistons-nous davantage à une confrontation psychologique.
    -> Situation de crise pourvue de rebondissements (péripéties) suivie d’une fin survenant rapidement.
    Epoque mythique> chrétienne rep.

    III. LA SCENE CLASSIQUE

    1. Les représentations

    T à l’italienne : demi-cercle ou fer à cheval.
    _ Le prince est situé face à la scène et tt décor est construit en fonction de ce point de vue.
    La scène est pte et éclairée par des chandeliers fixés aux murs ainsi que par des lustres.
    _ La parterre des salles est réservé aux peuple, la bourgeoisie se tient debout tandis que la noblesse fournit les loges.
    _ Lsk troupe reçoit invité/ marque, celui-ci est invité à prendre place sur scène. Il a droit d’interrompre le spectacle et de faire mention de ses commentaires.
    _ Au XVIIème, les comédiens sont MEPRISES, on ne respecte nullement leur travail.
    _ A partir du milieu du siècle, les Sp de marque siègent sur scène parmi les comédiens. -> l’espace dévolu à ces derniers est considérablement réduit. Cette coutume prend fin en 1766.
    _ Aucun respect// jeu des acteurs, le public se montre particulièrement bruyant, Rires et railleries diverses émaillent la représentation que celles-ci visent les comédiens ou bien d’autres spectateurs. Nombres documents témoignent de la fréquence de la survenue de pugilats aboutissant à l’interruption du spectacle.
    _ L’apparence des décors et des costumes dépend de la richesse de la troupe. -> Aucune visée réaliste.
    -> Description / tragédie grecque : Les romains portent des habits turcs…
    Il en est de même des décors, déjà réduit à peu de chose par l’impératif imposé par l’unité de lieu.
    => la vraisemblance requise par le classicisme NE VAUT QUE POUR LE TEXTE et délaisse décor, jeu et costumes des acteurs.
    _ Prééminence de l’usage de machines. -> Le XVIIème : début du grand spectacle (imitation des flots, des nuages etc…)

    2. Les théâtres

    Le premier dit « en dur » : L’Hôtel de Bourgogne (avt : troupes itinérantes) : acteurs ts célèbres lui appartenant : Montfleury, La Champmeslé…
    Troupe concurrente : Théâtre du Marais.
    A la mort de Molière, les deux troupes investissent l’Hôtel GUENEGAUD.
    En 1680, elles fusionnent selon la volonté du Roi et deviennent la CE FRANCAISE (= une troupe permanente ; a à plusieurs reprises changé de nom.)
    IV. LES AUTEURS
    Trois grands courants d’idées au XVIIème s.
    -> L’HUMANISME : confiance en l’H considéré comme noble, courageux tel qu’il se présente à travers les tragédies composées par Corneille ;
    -> Le PESSIMISME JANSENISTE : Le Jansénisme estime que l’Homme est en proie à ses passions, mauvaises ;
    -> La SAGESSE MODESTE : Idéal de la mesure incarné par Molière lequel ne partage ni l’optimiste de Corneille ni le pessimisme de Racine.

    a. Corneille

    1606-1684, prédilection pour la thématique politique. Son œuvre majeure : Le Cid (1637)
    Les héros cornéliens sont exemplaires. : généreux dans le sens que lui prête la mentalité dix-septièmiste : grande âme, noblesse, vertu, courage, sens de l’honneur : Rodrigue.
    Les auteurs offrent à la noblesse des modèles requis par l’exercice d’une monarchie absolue.

    b. Racine

    Peint la passion comme une FORCE FATALE détruisant celui qui lui est soumis.
    Il réalise l’idéal classique de la tragédie.
    L’action présentée est simple et claire tandis que les péripéties qui la ponctuent ne sont le fait que des passions qui animent les différents personnages.
    La plupart du temps, les tragédies profanes à motif païen présente un couple de jeunes gens séparés par un amour impossible (Phèdre)

    c. Molière

    1622-1673
    Essentiellement connu comme auteur comique, ce sont en effet ces comédies de MŒURS et de CARACTERES qui lui ont assuré le succès. Elles constituent une véritable galerie de la société composant le XVIIème s.
    Molière excelle dans la peinture de la nature humaine.
    Conclusion :
    Les plus grands auteurs d ce siècle ont su tirer profit de la rigidité des règles classiques.
    Ces règles vont toutefois acculer le théâtre français à un véritable gel.


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      La date/heure actuelle est Mer 19 Sep 2018, 11:07 pm