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    CM 4 LA FICTION

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    CM 4 LA FICTION

    Message  Admin le Lun 27 Oct 2008, 9:00 pm

    Penser la fiction : nécessité de partir du terme de mimèsis, ce dernier est issu de la Poétique d'Aristote,
    différentes traductions ont été proposées : Imitation, Fiction, Représentation...

    Le terme "imitation" est sans doute le moins satisfaisant de tous : Si une création littéraire est imitation, est présupposée l'existence d'un modèle original, puis d' une copie. Cependant l'original est toujours préféré, une copie est toujours un trompe-l'-oeil, une chimère trompeuse, aussi nous nous éloignons du "Vrai", l'Art littéraire est dévalué. => poètes chassés de la Cité // Platon

    Si je traduis par Mimèsis par "Imitation" , je me fonde sur deux présupposés très discutables :
    1. La fiction litr raconterait une histoire qui aurait eu lieu préalablement. => La fiction narrative se contenterait de la rapporter ou dans le cas d'une fiction théâtrale, de la "Re - Présenter".
    2. Une fiction narrative ou dramatique seraiit une sorte de copie, de fac-similé du monde réel;
    toutefois ces deux présupposés ne résistent pas longtemps à l'analyse.

    Une fiction emprunte toujours des matèriaux au monde réel.
    Les contes de fées disposent de la même manière de celui-ci. Certains éléments d'ordre magique se produisent aussi la DENSITE REFERENTIELLE _quantité des éléments renvoyant au monde réel_est toutefois moindre que celle rencontrée dans le ROMAN REALISTE ainsi "Mme Bovary" : Ni personnage-éponyme ni la diégèse ne préexistent à la narration. Le roman considéré comme réaliste peut-il toutefois être envisagé comme un fac-similé du réel? Sans doute pas. Bien que Falubert emprunte certains matèriaux à la réalité de son époque, bien qu'il se soit effectivement inspiré d'un fait divers, lu dans un journal et outre le fait que la diégèse se trouve rapportée à l'imparfait, l'histoire de Mme Bovary telle qu'il la relate, se déroule dans le temps même où il la raconte. Cette histoire n'a jamais eu d'existence propre en dehors de la narration.

    L'histoire ne possède aucune indépendance, aucune existence en dehors de l'acte même de narration.
    Il est de même dans le cas où des faits historiques émaillent le récit.
    L'IMPARFAIT et le PASSE SIMPLE ne possèdent globalement aucune valeur référentielle, ils renvoient à un temps fictif renvoyant lui-même à l'acte-même de raconter.
    Ces temps verbaux ne renvoient qu' à une PSEUDO-TEMPORALITE, une TEMPORALITE purement FICTIVE QUI EST créée par l' ACTE MEME DE RACONTER.
    Ce phénomène se vérifie également au théâtre: Les personnages de théâtre ne sont pas des copies conformes à des modèls vivants, réelsl.
    Ainsi que le disait Marmonthel, un contemporain de Diderot "ni le misanthrope, ni l'avare, ni les zannis ne sont de serviles copies (...) ce sont des compositions plus achevées que l'on peut voir dans la nature".

    L'histoire relatée à travers la fiction théâtrale ne correspond pas à un fait qui se serait produit dans la vie réelle.
    L'action représentée au théâtre ne préexiste pas à l'acte même de la représentation.
    Il n' y a pas de théâtre quand il y a imitation d'une action qui aurait eu lieu dans tel ou tel endroit


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