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    Cours du jeudi 06.12.07

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    Cours du jeudi 06.12.07

    Message  Admin le Mer 09 Juil 2008, 12:10 pm

    Présentation de Martin Crimp

    auteur contemporain => peu de recul sur l'évolution de son oeuvre
    Le théâtre anglo-saxon a connu une évolution différente de celle du théâtre français, le contexte n'étant pas le même.
    Crimp n'est en aucun cas un auteur avant-gardiste et s'inscrit dans la continuité du courant des années soixante et de son évolution.
    Ce théâtre est caractérisé par un un aspect particulièrement agressif s'appuyant sur un langage ordurier voire pornographique. La mise en situation du crime s'opérant sur la scène-même et l'extrême violence qui s' y déploie conduisent à la censure de ce théâtre en Europe.
    Edward Bond (qui a pourtant travaillé avec le théâtre de la Colline en France) et Sarah Kane (qui s'est suicidée) appartiennent à ce courant esthétique.
    Ce théâtre très politique et dérangeant provoque de vives querelles qui s'expriment aussi bien de manière particulièrement violente sur scène qu'au sein même de la salle.
    Il pose la question de ce qui est en droit ou non d'être représenté sur scène. Cette interrogation ne relève non pas de l'éthique mais de l'esthétisation. Le point central de cette réflexion se situe dans la représentation : Peut-on transformer une souffrance morale en oeuvre esthétique?
    Autrement dit, est-il envisageable de procéder au passage de la réalité et de sa brutalité à un évènement artistique tout aussi violent?
    Ce théâtre s'inspire largement du cinéma, art conjuguant violence et humour; Bond et Crimp se réclamant par ailleurs héritiers de Tarantino.
    La réflexion doit être prise en compte au "deuxième degré".
    Le théâtre est considéré comme un art élitiste puisqu'il a a recours à une culture particulière, à l' Histoire de façon à encadrer la pièce d'un réseau de sens visant à la compréhension de l'oeuvre. Le but de ces auteurs est-il atteint? Les spectateurs connaissent "déjà" ce qu'ils se doivent de savoir.
    La bibliographie de ces oeuvres se trouve fort réduite, ces dernières appartenant encore à la polémique, "la réaction à chaud". Il est à noter que leurs personnages évoluent dans notre société contemporaine.

    Ce théâtre se confronte soudain à l'arrivée brutale du libéralisme ainsi qu' au régime Tatcher. L'avènement de celui-ci provoque la fermeture de nombreux théâtres et l'instauration du vigoureuse censure en dépit de la réalité historique faisant de l'Angleterre le premier pays dans lequel cette dernière fût abandonné offrant une large liberté d'expression.
    Le théâtre aspire à s'exprimer à égalité avec la réalité du point de vue de sa violence.
    Tendre et Cruel est de fait une des oeuvres les plus "supportables".
    In-Yer-Face-Drama : Le théâtre, provocateur, souhaite provoquer "un effet de choc vrai".
    Il revendique l'inconfort, désireux d'éviter l'esthétisation d'un théâtre comme oeuvre d'art relevant de "soirées mondaines".

    Martin Crimp, auteur de la génération la plus récente, s'intéresse à l'Empire britannique, s'adonne à la description de son pays, désireux de s'eriger en Shakespeare moderne, il se consacre à la peinture de l'Angleterre moderne. Sa critique ascerbe de l'establishment du gouvernement anglais vise à dénoncer ses mensonges.
    Afin de parler de l'Angleterre, il passe "par l'extérieur" et écrit avec Bondy, metteur en scène suisse demeurant à Lausanne.
    Ecrivant en anglais, ses pièces sont traduites en français à l'instar de Bond.
    Le recours au mythe conjugué à cet écart de langage permet la distanciation nécessaire recherchée par l'auteur .
    L'utilisation du mythe et l'effet de distance qui en résulte pour le spectateur conduit le public à une réflexion intéressante et prolifique.
    Auteur ancré dans le monde contemporain, Crimp travaille sur une matière brute, le vocabulaire minimal très complet dénonce le dévoiement de l'anglais. Cette langue n'est selon l'auteur plus une langue de culture, riche mais dépourvue de pensée, de communication , vide.
    Aussi a-t-il recours à une pièce de Sophocle, tragédie mettant en scène le drame humain d'une femme passionnée, Déjanire.
    Crimp en fait une personne faible, incapable d'échapper au déterminisme historique.

    I.Une tragédie à pièce unique
    1.Le discours entravé

    L'énonciation n'est pas toujours audible, les personnages pouvant s'exprimer en même temps. Une disqualification constante de la parole est à l'oeuvre tout au long de la pièce.
    La prise de parole se trouve elle-même dévalorisée (tandis que chez Sophocle, trois pages sont consacrées au monologue auxquels adhère le choeur).
    Les presonnages se tournent parfois le dos ou ne parlent pas la même langue.
    L'absurde : Trois servantes parlent au sujet d'Amélia alors qu'elles se trouvent devant elle.
    Les peronnages parlent en lieu et place des autres. Amélia, personnage principale, semble ne rien entendre à l'oral et à l'écrit (passsage du Testament).
    Incompétente, personne ne lui vient néanmoins en aide.
    p.12 : Amélia parle seule au moyen d'un langage complet, voire élaboré : citation de Sophocle.
    p.40 : Explosion hystérique face à J.
    Ces deux éeclairs" sont sans suite, Amélia plongeant ensuite de nouveau dan l'apathie.
    A l'instar des personnages que met en scène Hoffmannsthal, les personnages de Crimp ne communiquent pas entre eux et s'expriment chacun de manière totalement isolée, pour eux-mêmes.

    2.Effets d'écart

    Proche du théâtre absurde. (Lorsque le fils d'Amélia part à la guerre, Amélia lui confie un... coussin.)
    Ce lieu devient peu à peu un filtre du réel qui consiste à faire oublier la réalité du dehors en s'apparentant de fait à une chambre d' hôpital psychiatrique.
    Un langage de l'amoindrissement : Après avoir glissé dans le sang, l'enfant se voit proposé une jolie ch. rose.
    Un lieu de théâtre où tout le monde joue un rôle.

    II.Folie ordinaire
    1.Illogisme


    Les personnages jouent des rôles auxquels ils ne croient pas (ainsi que l'on peurt le constater dans l'univers de Ionesco.).
    Amélia vir près d'un aéroport qu'elle ne connaît pas, elle ne sait pas non plus si le général vit en Afrique ou en Asie, l'idée de faire des recherches ne lui a pas même traversé l'esprit.
    L'aéroport est pourtant uyn lieu permettant de fuir rapidement en cas de conflit armé et constitue également une zone franche à l'intérieur de laquelle, la police n'est pas autorisée à intervenir.
    Amélia vit dans une sécurité toute mesurée car elle se trouve en réalité prisonnière.
    Le langage incohérent accule les personnages à la folie.
    Celle-ci se manifeste au moyen de l'illogisme.
    Il y a impossibilité de trancher, rien ne semble avéré en raison d'absence de preuve. Le fils, le journaliste et le moinsitre énoncent les mêmes choses mais de trois manières différentes.
    La folie semble bel et bien être issue et provoquée par le langage.

    2.La femme symptôme

    Amélia souffre de l'absence de son mari, mais apparaît comme le miroir de son environnement, le symptôme d'une société malade trahissant les mensonges de la société.
    Le langage du corps exprime ce que la parole ne parvient pas à formuler. Parfois apathique, Amélia ne se lève que pour danser, ce qui peut apparaître pour le moins surprenant de la part de la maîtresse de maison. Ce laisser-aller suggère une certaine idée de conjuration.
    Amélia souffre-t-elle de dépression?
    Les autres personnages se caractérisent par leur obsession de vouloir la faire dormir et de la réduire au silence.
    Lorsqu'elle parle, Amélia dit, dénonce la vérité. p.11 : Etrange demande en mariage de D., scène fantasmatique mettant en scène un père incestueux? En effet, Déjanire semble épreouver de la gratitude envers son mari.)
    Elle relate les détails d'une vie difficile.Le général ne semble pas quant à lui s'être comporté en mauvais mari.
    Amélia est une femme de vérité aussi son entourage tente-t-il de la faire taire par tous les moyens. Sa parole est-elle celle dun narrateur ou de la raison?
    Crimp fait d'Amélia un personnage qui refuse son statut de vivtime.

    III.Théâtre de l'absence
    1.Le refus de voir

    Beaucoup de personnes entrent, téléphonent à défaut d'Amélia qui ne sort aps.
    Sa seule liberté réside dans sa lucidité. Elle sait qu'elle n'a pas tout vu ainsi le meurte d'un jeune terroriste par le général.
    Tout n'est que "ouÏ dire", rumeurs divulguées et rapportées par les personnages.
    Ce troublant langage entrapine une vision tout aussi tyroublante. Amélia ne reconnaît pas Richard et Jonathan.
    Chacun est en quête d'un compromis avec la réalité.
    Refus de savoir ce qui s'est réellement et exactement produit et adhésion à une version officielle plus commode :
    _Désintérêt de james
    _Mensonges journalistques : Jonathan
    _Version diplomatique de Richard
    _Sollicitude des servantes et communication mécanique
    Le seul personnage qui dérange par ses interrogations est Amélia.

    Conclusion :

    Le début de la pièce ne met pas en scène le début de l'action. On assiste à l'explosion d'un personnage qui ne veut plus jouer son rôle.
    Amélia tente de retrouver la Déjanire antique. Elle tâche de construire un personage malgré les entraves que les autres lui opposent ainsi que ceux que constituent le langange et la maison. Sa lucidité l'amènera à considérer la côté néfaste de la potion contrairement à Déjanire persuadée du bien-fondé du philtre d'amour.
    Amélia ne supporte plus la situation présente, elle veut à tous prix que cela change.

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