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    cours de littérature française XVIIe s

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    rayondesoleil

    Messages : 9
    Date d'inscription : 26/04/2008

    cours de littérature française XVIIe s

    Message  rayondesoleil le Sam 03 Mai 2008, 8:31 pm

    04.03.08
    Le Bourgeois gentilhomme
    De Molière
    1670: 1re représentation. Commande par le roi d'une comédie-ballet mettant en scène une turquerie.
    Le comique ramène le spectateur/lecteur à la réalité. (contr. Romanesque à l'imaginaire). Le spectateur doit être familiarisé avec l'orientalisme pour rire.

    I/ Père qui s'oppose aux amours de sa fille.
    Le valet ingénieux intervient en montant une mascarade pour tromper le père.
    Scène 3, acte IV: début mascarade. Covielle entre déguisé. Travestissement de tous les personnages en turcs. Cléonte « Gd turc ». Thématique du faste. Scène de fantaisie. Basculer thème du mariage dans une sphère thématique bouffonne. Les séquences s'enchaînent avec logique.
    Covielle déguisé. Recherche de la magnifiscence. Stéréotype du luxe dans la démesure. Covielle propose à M. Jourdain une 1re fiction: il était ami de son père gentilhomme. Il lui dit ce qu'il veut entendre. Réécriture de sa propre vie. L'Orient est une projection du fantasme de J. logique de satisfaction du désir mais fonctionnement par dérivation des désirs du personnage: il veut être gentilhomme, il sera noble turc. Turquerie ajoute au délire: Covielle aurait pu se présenter comme noble français.
    Scène 4: anoblissement du bourgeois.
    Scène 5, acte IV: 4e intermède musical. Conclue la pièce. Apothéose du désir de grandeur de M. Jourdain: « grand Mamamouchi » et mariages. Aucune fonction réaliste de cet Orient qui se donne lui même comme fiction. Pièce qui se désigne elle-même comme une comédie. « nous sommes en comédie » dit Covielle. L'intrigue sentimentale revêt un habillage turc purement fictif. Traduction bouffonne du thème de la grandeur.
    Représentation farcesque de la grandeur orientale. Orient: espace d'une certaine grandeur dans la trame de la thématique de la séduction. Mais il faut ici séduire un homme et pas une femme.
    Dimension fastueuse dans l'usage du costume. Goût pour ce luxe oriental: part du succès.
    Donnée linguistique: reconstitution de paroles authentiques et fantaisie verbale. Parodie ridicule de la langue étrangère. Mise en scène d'un style oriental par la langue. Utiliser le discours d'une manière imagée, fleurie, donne un aspect oriental.
    Le comique bannit toute cruauté et rapport avec la sensualité.
    10.03.08
    II/ Donnée turque.
    Intervient à la fin du récit. Molière l'utilise pour la traduire dans un déguisement seulement. Purement fantaisiste. Refus de la vraisemblance. Pure mécanique. L'orient requiert une familiarité avec différents thèmes qui permettent de reconnaître l'Orient tout en n'oubliant pas qu'il s'agit d'une pure fantaisie.
    Levier de la comédie: l'Orient devient délirant à travers M. Jourdain.
    Le fonctionnement du comique:
    rire: sentiment étrange. Mise à distance de toute participation émotive. Évacuation de toutes les dimensions étranges de l'Orient au profit d'une mécanique qui tourne à vide et devient ainsi comique. Suppose connaissance des stéréotypes. Comment est construite cette mécanique de l'Orient?
    L'Orient se donne sous le mode du prétexte. Sorte de gratuité du thème.
    Utilisation de codes. Objets comme signes pour se cacher et pour qu'on reconnaisse le personnage. M. Jourdain est le seul à voyager. Les autres fonctionnent sur des codes. Comédie donc tout est permis. Liberté d'exagération.
    L'Orient permet de montrer sur scène une cérémonie d'anoblissement vidée de son contenu.
    L'objet: caricature du désir de pouvoir et de cette voix qui pourrait être celle de l'Orient.
    Mettre en scène le discours de l'autre réduit à une série de caractéristiques phonétiques qui ne présentent qu'une caricature de langue. Système qui n'est pas un système de signes. Rapport particulier entre M. Jourdain et le savoir. Il est admiratif du savoir mais ne veut rien apprendre. Il veut un savoir qui ne nous menace pas. Il veut qu'on lui dise qu'il sait déjà ce qu'on veut lui apprendre.
    Le rapport au style oriental:
    scène 5: le délire prend une dimension supplémentaire car Jourdain est devenu un des acteurs de la mascarade: il parle turc.
    Orient: comique de la répétition. Il fait une réverrence à la turque. Reconstitution d'un cérémonial. Spectacle de la folie. L'Occident répète ses stéréotypes sur l'Orient. L'Orient du texte c'est ce pur et simple déguisement avec cette bizarrerie. M. Jourdain y croit.
    L'Orient reste une sorte de délire de l'Occident. C'est l'image de ce qu'il y a de fou en nous. (contr. Ségrais: image de ce qu'il y a de violent en nous). L'Orient est inconsistant.

    rayondesoleil

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    Date d'inscription : 26/04/2008

    Bajazet: présentation de la pièce

    Message  rayondesoleil le Sam 03 Mai 2008, 8:32 pm

    Bajazet
    De Racine
    Présentation de la pièce.

    Que signifie écrire une tragédie turque en 1672?
    bcp de tragédies qui parlent de l'Orient:
    • Soliman, Dalibray, 1638
    • Le grand et dernier Soliman, Mariet, 1637-1638
    • Ibrahim, Scudéry (tragi-comédie), 1642
    • Roxelane, Desmares (tragi-comédie), 1642
    • Perside ou la d'Ubrahim Bassa, Desfontaines, 1644
    • Le grand Tamerlan et Bajazet, Magnon, 1648
    • Osman, Tristan, 1646
    Soliman et Roxelane est une histoire récente dont on fait réferrence 455-470. rien d'original. Mais originalité de Racine: écrit sa pièce sur le mode du sujet turc (30 ans après). Extinction du sujet turc car Molière a changé le sujet turc en comédie plutôt qu'en tragédie. Et la gtragédie depuis 1640 a imposé le cadre grecoromain.
    Comment la matière turque est intégrée au genre très codifié de la tragédie française classique?
    Comment cette même matière turque est intégrée dans le système tragique racinien?

    Floridon et Bajazet: la nouvelle et la tragédie.
    Segrais: 1666
    Racine: 1676.
    Racine dit que son sujet est nouveau. Faux. Inspiré de la nouvelle de Segrais. Il modifie la réalité dans sa Préface. Bajazet est plus éloigné de l'histoire que Floridon car Racine s'inspire de textes inventés et vieux. (cf polycop sur difff entre Floridon et Bajazet)
    Racine reprend 3 inventions de Segrais:
    • l'intrigue amoureuse entre la Sultane et Bajazet
    • la création d'Achomat (pas dans l'histoire)
    • la lettre de Bajazet à Atalide que trouve la Sultane.
    Mais différences:
    opposition de Segrais nouvelle/roman se retrouve chez Racine: nouvelle/tragédie (cf citation3)
    la tragédie ne vise pas à être réaliste. L'histoire est un support, source d'inspiration qui n'implique aucune fidélité totale. Gdeur tragique, terreur, pitié.
    Les règles de la tragédie ne sont pas inventées par plaisir. Elles découlent de l'observation (de ce qui marchait le mieux).
    2 objectifs pour Racine:
    • construction d'une intrigue poitique (absente de l'histoire et chez Segrais). Transformation d'Acomath et de Bajazet (qui devient ambitieux).
    • Renforcement des bienséances d'où la modification des rangs sociaux d'Atalide en princesse et d'Acomath en grand vizir (ils doivent être nobles). D'où la chasteté entre Bajazet et Floridon, d'où la disparition du lien familial entre la Sultane et Bajazet, l'interversion de l'ordre des événements (amour Atalide et Bajazet avant S/B pour légitimer leur amour) cf citation 1.

    « anoblissement » obéit au code de la dignité tragique.
    « franciser » : amour reste chaste. Roxane hait Atalide: effort pour être vraisemblable (essence du thème dramatique pour d'Aubignac). Le spectateur doit croire pour être touché. Pas de choquant mais l'histoire n'est pas plus fade. Cf citation 2 (l'intrigue): le texte prend parti pour Racine infidèle à l'histoire. Nécessaire car les qualités morales pures n'existent pas, il faut les inventer. Le beau esthétique apparaît mieux dans une histoire inventée car la modification des faits historiques permet d'atteindre une plus grande vérité, universelle (sacrifice de la couleur locale) cf citation 4.
    La nouvelle est plus vraie. Détails de couleur locale.
    « scabreux »: trahison et infidélité de 2 personnages sur 3. donc modifier, simplifier.
    « vérité supérieure » sur l'être humain et sur le turc. Il faut rendre en profondeur la logique des passions. La sauvagerie de l'amour de Roxane, la fièreté de Bajazet, l'action violente et rapide... voici tout ce qui fait turc.
    Segrais: couleur locale.
    Racine: couleur morale. « frisson de barbarie ».
    La fin est une grande tuerie; c'est son caractère turc. Racine est moins fidèle à l'histoire mais plus à l'esprit turc.

    rayondesoleil

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    Date d'inscription : 26/04/2008

    Re: cours de littérature française XVIIe s

    Message  rayondesoleil le Sam 03 Mai 2008, 8:32 pm

    Méthode 28.02.08
    La comédie-ballet

    Sous-genre de comédie.
    Poétique, Aristote: ( Théorie sur ce genre de comédie perdue) la comédie doit être « l'imitation d'homme de qualité morale inférieur non en toute espèce de vie mais dans le domaine du risible ». hommes qui ont plus de défauts que de qualités. Idée de vice, défaut et rire.
    Souplesse du genre due à l'absence de théorie.

    • Les différentes comédies:
     la comédie d'intrigue: enchaîne les péripéties et les stratagèmes avec une grande fantaisie. (Le Dépit amoureux, Molière. Le vaudeville.)
     comédie de caractère: articulée autour de stéréotypes. Manies, vices, passions. (Le Bourgeois gentilhomme, si on enlève le ballet. L'Avare, Le Malade imaginaire.)
     comédie de moeurs: travers d'une société, enjeux d'une époque. (Les Femmes savantes, Don Juan-sur le libertinage.)
     la farce: pièce courte et comique. Action centrée sur une tromperie. Caractères peu développés. Pleine de surprises. (La Farce de Maître Patelin, Xve siècle, Le Malade imaginaire.)
     comédie héroïque: ne pousse pas à faire rire. Personnages nobles. Comédie car dénouement heureux. (Don Garcia de Navara, Cyrano de Bergerac d'Edmond Rostand.)
     la comédie-ballet: ballet comme intermède ou comme partie intégrante de l'action.

    • La comédie-ballet:
    invention de Molière pour le roi. L'antiquité mêle les chants du choeur et le texte. Dans l'opéra italien, passages chantés et dansés. Comedia dell'arte. Mais juxtaposition de théâtre et de musique/danse. En France , cela se fait entre les pièces. Louis XIV aimait la musique et la danse.
    Le genre est né par hasard pendant Les Facheux de Molière. Il y avait un ballet mais trop peu de danseurs. Molière décide alors de mettre des intermèdes pour permettre aux acteurs de changer de costume et de prendre les danseurs comme acteurs pour ne pas interrompre la pièce ou essayer de rendre cohérent la comédie et le ballet.
    Suite à cela beaucoup de pièces en liaison avec des musiciens comme Lulli et Carpentier.
    Après Molière quasiment plus de comédies-ballets mais héritage avec opéra-comique et opérettes puis plus tard avec les comédies musicales.
    • Le Bourgeois gentilhomme: une comédie-ballet achevée.
    « Nommé par Molière lui-même « comédie-ballet », Le Bourgeois gentilhomme représente quant à lui une somme et une apothéose du genre.tous les agréments de la musique et de la danse y sont comme récapitulés avec une maîtrise époustouflante: chansons, sérénades, actions dansées, cérémonie burlesque se succèdent et jamais les ornements n'ont été si heureusement intégrés, si naturels et si nécessaires. Pas d'intermèdes séparés; la musique et la danse vont de soi dans la continuité de la comédie. Celle-ci demeure la base du spectacle que viennent enrichir le musicien et le chorégraphe: c'est bien l'illusion ridicule d'un bourgeois persuadé de pouvoir accéder à la noblesse qui nous est donnée à voir; et sa chimère ressort mieux de nous être montrée sous les espèces de la musique et de la danse. Molière, lulli et Beauchamp maîtrise pleinement ici l'esthétique de la comédie-ballet. » Charles Mazouer, Molière et ses comédies-ballets.
    Lien étroit danse, musique, théâtre.
    Entre les actes 3 et 4 danse avant le dîner. 4-5: cérémonie turque. 5: ballet final. Les passages dansés sont reliés à l'intrigue et la structurent.
    • L' esthétique de la comédie-ballet:
    « La comédie-ballet ne se contente pas de charmer les yeux et les oreilles: elle vise des effets qui sont d'ordre des significations. Le choix de ce genre mixte sert une vision, une pensée esthétique. Fondée sur le contraste entre la comédie réaliste et la fantaisie des ornements, la comédie-ballet atteint des buts spécifiques et précis, allégeant la gravité du monde, favorisant le triomphe de l'amour et du bonheur, consacrant cette joie euphorique où l'on voit le dernier mot de la sagesse de Molière [...] Là, elle introduit la poésie, le rêve, l'élégance, la fantaisie qui gomme les aspérités de la satire et la férocité d'un rire appliqué à dénoncer les violences du réel. Ailleurs, elle sert merveilleusement le dessein du moraliste attaché à pousser la peinture des illusions humaines, jusqu'à la folie qui s'épanouit justement dans les ornements, au point de donner l'impression que les ressources de la comédie-ballet permettent l'expression d'une pensée originale sur l'homme. ». Charles Mazouer, Molière et ses comédies-ballets.
    La présence du ballet permet d'adoucir la critique. Elle permet d'introduire un peu de rêve. Ainsi M. Jourdain n'inspire pas de l'horreur mais du mépris.

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    Re: cours de littérature française XVIIe s

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